L’étendard du Train

Dans l’histoire des drapeaux et étendards de l’armée française, le Train, les Chasseurs et l’Aviation Légère de l’Armée de Terre représentent des cas particuliers puisqu’ils n’ont chacun qu’un seul emblème représentatif de l’ensemble de leurs formations.

Aujourd’hui encore la règle de l’étendard unique pour les corps de troupe de l’Arme demeure respectée dans le Train qui pourtant compte de nombreux régiments (1).

Lorsqu’il crée le 26 mars 1807 les huit premiers bataillons des Equipages des transports militaires, Napoléon 1 er n’envisage pas de les doter d’une aigle. Mais les services qu’ils rendent pendant les campagnes de Pologne, d’Espagne et du Portugal, puis d’Autriche notamment au cours des batailles d’Essling et de Wagram, autant que l’augmentation progressive du nombre de leurs bataillons, l’incitent à les comprendre dans les corps dotés d’un emblème.

Un document de 1811 concernant les couleurs à donner aux drapeaux fait pour la première fois mention du Train des Equipages Militaires.
Il s’agit d’un rapport du Général Clarke, duc de Feltre et ministre de la Guerre, adressé à Napoléon pour lui proposer d’accorder à chaque Arme une couleur particulière.

Le ministre y cite le « gris » pour les Equipages Militaires, sans doute en raison de la couleur d’une des deux distinctives de leur uniforme où le « gris de fer foncé » est allié au « brun-marron ».

Ce projet n’est pas retenu par l’Empereur qui souhaiterait donner comme couleur uniforme à tous les emblèmes le « vert », symbole de sa maison.
Mais finalement Napoléon se rallie au principe des trois couleurs et fait étudier plusieurs projets de compositions et de broderies.

Le 16 novembre 1811 il écrit au duc de Feltre que le tablier d’étoffe portera sur un des côtés « l’Empereur Napoléon à tel régiment » et sur l’autre « les noms des batailles où s’est trouvé le régiment, savoir : celles d’Ulm, d’Austerlitz, d’Iena, d’Eylau, de Friedland, d’Eckmuhl, d’Essling , de Wagram et Madrid » (2).
Le 1 3 décembre 1811 l’Empereur fixe les batailles à inscrire sur les emblèmes pour chaque Corps.
Il précise également au comte de Cessac, ministre de l’Administration de la Guerre (3) : « il faut aussi me proposer le choix d’une étoffe peu pesante et qui cependant puisse durer longtemps… de sorte que l’aigle reste toujours la même et que l’on n’ait jamais à changer que l’étendard ».

(1 ) L’Ecole d’Application du Train détient néanmoins son propre étendard.

(2) Correspondance n° 6.375 au général Clarke, Saint-Cloud le 16 novembre 1811.

(3) Correspondance n° 6.474 au général Lacuée, comte de Cessac, datée de Paris le 13 décembre 1811.

C’est finalement le 25 décembre 1811 que le Train des Equipages Militaires se voit accorder son premier étendard.
Dans un décret impérial signé au Palais des Tuileries et fixant les règles d’attribution des aigles et des drapeaux sans aigle suivant la nature et les effectifs des corps on lit à l’article 6 :

— « un régiment d’infanterie ou de cavalerie n’aura qu’une seule aigle ;

— un régiment d’artillerie de vingt compagnies n’aura qu’une seule aigle ;

— les bataillons du Train d’artillerie n’auront qu’une seule aigle, qui restera chez le premier Inspecteur d’artillerie ;

— les deux bataillons de pontonniers et les ouvriers d’artillerie n’auront ensemble qu’une seule aigle qui restera chez le premier Inspecteur ;

— les mineurs et les sapeurs réunis n’auront pour l’Arme du Génie qu’une seule aigle qui restera chez le premier Inspecteur de l’Arme ;

— il n’y aura également pour l’arme de la gendarmerie qu’une seule aigle qui sera déposée chez le premier Inspecteur ;

— les quatorze bataillons du Train des Equipages Militaires n’auront qu’une seule aigle qui restera dans le Cabinet du ministre de l’Administration de la Guerre ».

Le 15 janvier 1812, l’Empereur signe un autre décret chargeant l’Artillerie de la confection de ces nouveaux emblèmes.

Le 8 février suivant le général Clarke décide, des formes, dimensions, ornements et inscriptions des drapeaux et étendards des régiments dont le modèle doit être identique pour toutes les armes exceptions faites des dimensions (33 pouces de côté pour les troupes à pied et 22 pouces pour les troupes à cheval).
Si le texte du décret indique clairement que « les cravates seront au trois couleurs bleu, blanc et rouge », il reste muet sur la composition des tabliers.

Une hésitation subsiste encore dans le choix de bandes parallèles ou d’un losange central afin de disposer d’un espace suffisant pour les inscriptions prévues.
Finalement en réponse à un rapport de Monsieur Barnier daté du 9 février 1812, l’Empereur décide d’adopter comme disposition les trois couleurs en bandes verticales.

Comment se présente donc la première aigle des Equipages Militaires ?
Il est difficile de préciser si l’étendard est effectivement composé de bandes tricolores ce qui est probable ou si le bleu et le rouge sont disposés dans les angles autour d’un losange blanc comme le laisserait supposer une reproduction provenant du Musée de l’Armée et figurant au Musée de l’Arme à Tours.

Il se peut d’ailleurs que cette réplique ait été réalisée par erreur d’après le croquis d’un projet de guidon datant de 1811.
Quoiqu’il en soit, nous savons simplement grâce à une correspondance du capitaine Gubert, Commandant le bataillon des Equipages de la Garde créé en août 1811, datée du 28 mai 1812 de Thorn (4) et adressée au chef de bataillon Jean-François Lathier (5) que « l’aigle des Equipages Militaires vient d’être présentée à Mayence au dépôt des dix sept bataillons du Train des Equipages Militaires de la Grande Armée qui vont entrer en campagne en Pologne » (6).

On ignore ce qu’il est advenu de ce premier étendard des Equipages Militaires qui, selon toute vraisemblance, a été détruit lors du pillage du Musée de l’Artillerie à Saint-Thomas d’Aquin par les troupes de la coalition alliée entrées à Paris en juillet 1815.

A peine débarqué dans le golfe de Juan en 1815, Napoléon signe un décret à Grenoble le 9 mars par lequel il rétablit le pavillon « tricolor » (7) supprimé par Louis XVIII. Le 9 avril suivant il annonce à ses troupes lors d’une revue au Carrousel qu’elles recevront de nouvelles aigles : « ce ne sera qu ’au Champ de mai et en présence de la nation assemblée, que je vous rendrai ces aigles qui, si souvent, furent illustrées par votre valeur et qui virent fuir les ennemis de la France ».

L’Assemblée du Champ de Mai prévue initialement pour le 26 mai 1815 aura lieu finalement le 1 er juin.
En présence de cinquante mille hommes de troupe dont vingt sept mille gardes nationaux et de tous les corps constitués, l’Empereur salué par une foule immense reçoit le serment de la députation centrale et des délégations des divers corps d’armée puis il distribue les emblèmes.

Le Train des Equipages Militaires, que la première Restauration avait oublié dans la remise des drapeaux faite le 7 septembre 1814, va recevoir sa seconde aigle.

La députation représentative du Corps comprend deux officiers, trois sous-officiers et soldats-conducteurs pour chacun des quatre escadrons qui existent alors (8).
A leur tête l’adjudant commandant Marie-Joseph Thevenin (9) prend place entre la délégation de l’artillerie et celle du génie et reçoit l’étendard des mains du ministre de l’Administration de la Guerre.
C’est au 1er escadron du Train des Equipages tenant garnison à Vincennes et issu du bataillon de la Garde Impériale dissous en 1814 qu’est confiée la garde de l’emblème.

Nous en possédons une description très précise (10). La hampe peinte en bleu est surmontée d’une aigle en cuivre doré du modèle de 1804, tandis que le tablier de forme carrée mesurant cinquante-cinq centimètres de côté formé de deux soies cousues l’une à l’autre est composé de trois bandes disposées verticalement : la bleue touchant à la hampe, la blanche au centre et la rouge flottant au vent.

Il porte des inscriptions en lettres d’or sur un drap noir découpé et rapporté sur la soie. A l’avers on lit : l’Empereur Napoléon aux escadrons du Train des équipages Militaires » et au revers les mots « valeur et discipline ».
Le pourtour de l’étoffe comporte une broderie d’or composée d’une guirlande de branches et de feuilles de laurier, séparée au milieu par une rosette et reliée aux quatre angles par une palmette formée de feuilles de laurier.
L’étoffe est bordée d’une frange d’or de deux centimètres et demi. L’emblème est complété par une cravate de soie tricolore, ornée à ses extrémités de palmettes et d’abeilles brodées d’or.

Dans les premiers jours de juin 1815 le 1 er Escadron laissant selon toute vraisemblance l’étendard à son dépôt de Vincennes rejoint les 1 er et 2e Corps du Maréchal Ney à Laon. Marchant avec l’Infanterie de ligne et la Cavalerie il passe la Sambre le 16 juin 1815 puis progressant en compagnie des huit divisions des deux corps d’armée atteint le 1 7 juin les « Quatre Bras » à 1 0 kilomètres au sud de Waterloo.

Le lendemain sur le champ de bataille à la « Haie Sainte » les 1 re et 2e Compagnies de l’escadron luttent contre les Anglais et les Prussiens puis doivent retraiter vers la Dyle et Charleroi. Le 23 juin 1 8 1 5 les débris du 1 er Escadron se retirent sur Paris et regagnent leur dépôt de Vincennes.

Au lendemain de Waterloo, Louix XVIII licencie l’armée.
La plupart des drapeaux et étendards seront alors versés à la Direction de l’Artillerie à Bourges pour être détruits et les aigles passées au pilon.
Tel n’a pas été le sort du second étendard des Equipages Militaires.

Il ne figure pas sur un état daté du 22 octobre 1815 attestant la remise de quatre-vingt-treize aigles et sept drapeaux royaux de la Révolution et il est semble-t-il déposé dans les bureaux de l’Artillerie du ministère de la Guerre pour être détruit le 22 octobre 1815 sur ordre du ministre.

Le procès-verbal est signé par le major Jean-François Lathier.

(10) Donnée par le lieutenant-colonel Astouin dans son livre «Aigles, étendards et Campagnes du Train des Equipages Militaires de 1807 à 1826 » paru chez Berger-Levrault en 1926 (pages 12 et 13).

(4) Sur la Vistule à 1 50 kilomètres au nord-ouest de Varsovie.

(5) Jean-François Lathier né le 22 janvier 1777 à Dié dans la Drome, commandant le 6e Bataillon du Train des Equipages du 6 avril 1807 au 2 mars 1812, nommé chef de bataillon Inspecteur à cette date ; il terminera sa carrière militaire comme colonel Directeur des Parcs et commandant Supérieur du Corps des Equipages Militaires.

(6) Comprendre en réalité en Russie.

(7) Orthographe employée à l’article 3 du décret.

(8) Comme suite aux prescriptions d’un rapport en date du 24 avril 1815 adressé à l’Empereur par le prince d’Eckmuhl, ministre de la guerre, fixant l’importance des différentes députations.

(9) Thevenin nommé le 25 avril 1815 au grade d’Adjudant Commandant équivalent à celui de colonel, assure le commandement supérieur des escadrons du Train des Equipages Militaires depuis le 1er octobre 1814.

Il faut désormais trente-trois ans pour voir le Train des Equipages Militaires recevoir un nouvel emblème. En effet ni Louis XVIII, ni Charles X, ni même Louis-Philippe, ne jugent nécessaire de lui accorder cette faveur royale.

Dans une première proclamation le 25 février 1848, le Gouverne¬ ment Provisoire de la Deuxième République maintient les trois couleurs nationales pour les drapeaux mais en les plaçant dans l’ordre bleu, rouge, blanc revenant ainsi aux dispositions adoptées par l’Assemblée Constituante dans son décret du 19 janvier 1790 concernant le ruban servant à soutenir le sceau des brevets des vainqueurs de la Bastille. Finalement ces prescriptions ne seront pas exécutées puisqu’un décret du 5 mars 1848 décide que « le pavillon et le drapeau national seront établis tels qu’ils avaient été fixés par la Convention dans son arrêté du 27 pluviôse an II, c’est-à-dire dans l’ordre le bleu, le blanc et le rouge » (11).

Le Train des Equipages Militaires réorganisé depuis 1842, présent dans l’armée d’Afrique et artisan des succès obtenus dans la conquête de l’Algérie est au nombre des corps qui vont recevoir un nouvel emblème au cours de la « fête de la Fraternité » le jeudi 20 avril 1 848 sur la place de l’Etoile à Paris.

Une cérémonie imposante a été prévue par le Gouvernement Provisoire pour cette distribution des drapeaux. A sept heures les gardes nationales et les troupes sont réunies depuis le carré Marigny jusqu’à la Bastille et le long des quais. A huit heures et demie les membres du Gouvernement Provisoire rassemblés au ministère de la Guerre gagnent l’estrade placée à l’Arc de Triomphe et vingt et un coups de canons annoncent le début de la cérémonie. Arago ministre de la Guerre rappelle alors aux Chefs de Corps « que le drapeau qu ’ils vont recevoir sert de guide à leur courage et qu ’il est au sein de la paix un symbole de discipline et d’ordre ».
Puis les colonels des différents corps accompagnés de leurs porte-drapeaux et rassemblés face à l’estrade, y montent à tour de rôle pour recevoir d’un des membres du Gouvernement Provisoire l’emblème qui leur est destiné. Pendant la distribution des drapeaux, le canon tonne de minute en minute.
La délégation du Train des Equipages est composée du colonel Grégoire (12) Commandant l’atelier de construction de Vernon, des chefs d’escadron Charronnet de l’atelier de Vernon et Nicolas Cantiget Commandant le 4e Escadron à Vernon, des capitaines Gillet, Moreau et Bertelotte.
Placée dans l’ordre protocolaire entre la grosse cavalerie et la cavalerie légère elle recevra l’étendard vers 1 0 heures et demie. La distribution terminée vers onze heures, un défilé se prolongeant tard dans la journée clôturera la manifestation.

(Il) Hollander -«drapeaux et étendards ».

(12) Joseph-Marie Grégoire ancien élève de l’école polytechnique en 1810, nommé directeur des parcs de construction des équipages militaires et commandant l’atelier de construction de Vernon le 6 mai 1852 ; il terminera sa carrière à ce poste en 1857.

Ce nouvel étendard porte sur une face la quadrilogie républicaine « Unité, Liberté, Egalité, Fraternité » entourant l’inscription « Répu¬ blique Française -Corps des Equipages Militaires » et sur l’autre les mots « Valeur et Discipline ». Sa hampe se termine par un fer de lance en cuivre doré. Conservé à Vernon dans la salle d’honneur du 4e Escadron du Train des Equipages Militaires qui en a reçu la garde, l’étendard y demeure jusqu’au 10 mai 1852 date à laquelle il est reversé à la Direction de l’Artillerie de Vincennes qui en brûle la soie et remet la hampe et les franges à l’administration des domaines (1 3).

Après le coup d’état de décembre 1851, le prince Louis-Napoléon décrète que l’aigle française sera rétablie sur les drapeaux et étendards de l’armée. Les nouveaux emblèmes sont distribués le 10 mai 1852 au Champ de Mars, au cours d’une manifestation grandiose inspirée des fastes du 1er Empire comportant également la bénédiction des aigles. Le colonel Grégoire directeur des parcs de construction placé avec sa délégation entre l’artillerie et la cavalerie, reçoit la nouvelle aigle des mains du Prince-Président. Il est accompagné du lieutenant-colonel Marie-Joseph Martin Commandant le 4e Escadron du Train des Equipages Militaires de la ligne à Vernon, du chef d’escadron Gâches du parc de Vemon, du chef d’escadron Nicolas Cantiget Commandant le 1er Escadron à Alger, du chef d’escadron Joseph Thiery Commandant le 2e Escadron à Oran (14) des capitaines Daguet, Donius, Février, Hugueney, Malard et de sept lieutenants. Les 3 e et 4e Escadrons participent au défilé avec leur matériel. L’étendard porte sur son avers « Louis-Napoléon au Corps des Equipages Militaires ». Au revers sous les initiales « R.F. » figurent pour la première fois les inscriptions de cinq campagnes auxquelles le Train des Equipages a participé depuis sa création: « Pologne 1807, Espagne 1808, Russie 1812, Algérie 1830, Rome 1849 » (15). On peut s’étonner de voir figurer cette dernière inscription sur l’emblème, alors qu’une seule compagnie du 4 e Escadron du Train des Equipages commandée par le capitaine Spinginsfeld a pris part à l’expédition où elle n’a subi d’ailleurs aucune perte du fait des combats. Mais l’Empereur avait tenu à récompenser l’ensemble des armes ayant participé à la campagne de 1849 en accordant cette inscription sans aucune discrimination. Le travail préparatoire pour la détermination des légendes avait été confié au colonel Brabant chef de la Section Historique du dépôt de la guerre, le choix définitif étant arrêté par l’Empereur après avis du ministre.

(13) Le musée de l’Arme à Tours détient une copie de cet étendard.

(14) Les 1er et 2e Escadrons bien que stationnés en Algérie possèdent chacun un dépôt en métropole : le 1 er à Béziers et le 2e à Epinal.

(15) Les noms des campagnes étaient brodées en lettres d’or à gros caractères avec les dates en chiffres de taille plus petite.

A la suite de la proclamation de l’Empire, les parties flottantes de l’étendard seront incinérées et remplacées sans apparat par une soie d’un nouveau modèle portant à l’avers l’inscription « l’Empereur Napoléon III au Corps des Equipages Militaires » et au revers cinq inscriptions de campagnes identiques à celles de la soie incinérée.

Sous le Second Empire, il ne sera pas fait d’autre distribution générale d’emblème sauf le 15 août 1852 pour la garde nationale. Plusieurs décisions impériales accorderont l’inscription de nouvelles batailles ou campagnes sur les drapeaux des corps mais le Train des Equipages ne recevra pas l’autorisation d’ajouter sur son étendard les noms de Crimée et Mexique où cependant il a vaillamment combattu. Sans doute son appartenance aux troupes d’administration n’est-elle pas étrangère à ce refus.

Après avoir été semble-t-il confiée au 4 e Escadron qui tient garnison à Vernon puis à Paris la nouvelle aigle est déposée en 1 860 à la direction de l’Artillerie de Vincennes par les soins du colonel Charles Charronnet (16) directeur des parcs de construction et commandant supérieur des compagnies d’ouvriers des Equipages Militaires, lors de la remise du commandement des établissements constructeurs du Train des Equipages au service de l’Intendance. On ignore ce qu’il adviendra ensuite de cet étendard.

Lorsqu’en 1879 le Gouvernement de la Troisième République décide de rétablir les drapeaux, glorieux exemples du passé, il apparaît après la décision du ministre de la Guerre datée du 3 février que le Train des Equipages a été omis sur la liste des régiments qui doivent recevoir leur nouvel emblème. L’ensemble de ses cadres en conçoit une vive émotion et le chef d’escadron Joseph Parizot Com¬ mandant le 19e Escadron de Paris prend alors l’initiative comme « plus ancien chef d’escadron d’une arme où il sert depuis trente ans et en se faisant l’interprète de plus de quatre cents officiers » (17) d’adresser le 15 juillet 1879 au général Grevy, commandant l’Artillerie des forts et du gouvernement militaire de Paris une lettre pressante dont il paraît intéressant de relever les principaux passages :

(1 6) Charles Charronnet, né le 1 er août 1 800 à Wittlich, engagé à l’âge de 7 ans comme enfant de troupe et entré au Train des Equipages en 1822, il y franchira tous les échelons hiérarchiques jusqu’au grade de colonel, assurant le commandement supérieur des Equipages en Afrique de 1856 à 1859 puis celui des parcs et compagnies d’ouvriers constructeurs à partir de 1859.

(1 7) Joseph Parizot, né à Pluvet (Côte d’Or) le 12 décembre 1827 ; engagé volontaire au Train des Equipages Militaires le 22 juin 1849, il termine sa carrière en 1 885 comme lieutenant-colonel au commandement du 1 9e Escadron du Train.

Etendard du Train, 1848. Copie (musée de Tours).

Étendard du Train, 1848. Copie (musée de Tours)
Étendard du Train, 1848. Copie (musée de Tours)
Étendard du Train des équipages militaires. Troisième République, 1880. De : Astouin. Aigle, étendards et campagnes du Train. Paris Berger-Levrault, 1926
Étendard du Train des équipages militaires. Troisième République, 1880. De : Astouin. Aigle, étendards et ca

« L ’armée sera prochainement appelée à recevoir de nouveaux drapeaux. Le Train des Equipages composé actuellement de vingt escadrons actifs, est le seul corps qui soit exclu de cette faveur… ».

« L’historique de ce corps est des plus honorables… Le drapeau ne doit plus être à notre époque ni un point de ralliement, ni un objet de parade. Il doit être un culte car il est l’insigne de l’honneur, de la gloire et de la fidélité aux armes et à la patrie. La loi du 13 mars 1875 a fait définitivement et à juste titre entrer le Train des Equipages dans la grande famille militaire… ».

« Il n’est jamais venu à la pensée des officiers d’avoir un drapeau par escadron. Leur désir se bornerait à savoir qu ’il en sera distribué un seul pour toute l’Arme à l’instar de ce qui se pratique pour les trente bataillons de chasseurs à pied. Ce drapeau pourrait être confié à l’un des escadrons stationné dans le gouvernement de Paris… Ce drapeau ne représenterait pas un escadron, mais bien toute l’Arme…

Nous rappelons qu’en 1852, le Train des Equipages a reçu un drapeau qui a été confié au colonel Commandant le parc de Vernon et qui n ’a été rendu que par la suppression de ce grade en 1860.

Il était alors sous la garde du brave et digne colonel Charronnet qui existe encore et qui dans sa longue et brillante carrière commencée à Waterloo et terminée à Sébastopol a déclaré et déclare encore que le moment le plus pénible de son existence militaire a été celui de la remise de ce glorieux trophée que tous les officers de l’arme ont vivement regretté… ».

« Confiant dans votre équité et assuré du puissant appui de Monsieur le général Gouverneur de Paris, j’espère, mon général, que ma démarche sera couronnée de succès et que nous pourrons assister à la distribution des drapeaux avec la fierté d’une troupe dévouée au pays et qui a toujours fait son devoir… ».

La réponse est immédiate et à la date du 5 août 1 879, » prenant en considération les motifs invoqués par cet officier supérieur » le ministre de la Guerre décide que « le Train des Equipages sera compris au nombre des Corps de troupe qui recevront un étendard. Cet emblème sera unique pour tous les escadrons du Train des Equipages Militaires ». Le 9 juin 1880 le Gouverneur de Paris désigne le 19e Escadron du Train « pour avoir la charge du drapeau attribué au Train des Equipages qu’il recevra à la revue du 14 juillet ».

Confié initialement à la garde de cet escadron, l’étendard sera ultérieurement gardé alternativement par le 19e Escadron et le 20e Escadron de Versailles. L’échange aura lieu annuellement jusqu’en 1914 dans l’avant-cour de la Manufacture Nationale de Sèvres.

Le 14 juillet 1880, sur l’hippodrome de Longchamp, le sixième étendard de l’arme est reçu par une délégation à cheval composée du lieutenant-colonel Parizot, du capitaine Marquis, du sous-lieutenant Roche porte-étendard, du maréchal des logis Laffbrgue-Lanaure et de trois brigadiers et conducteurs.

Placé sur la troisième ligne des troupes, deux détachements des 1 9e et 20e Escadrons forts chacun de douze voitures attelées et d’un peloton à cheval participent à la cérémonie. C’est le président Grévy qui remettra l’emblème au lieutenant-colonel Parizot. L’étendard mesure soixante quatre centi¬ mètres de côté.

L’étamine en soie composée de trois bandes cousues à la main porte peintes en lettres d’or sur l’avers « République Française, Train des Equipages Militaires » et sur le revers les mots « Honneur et Patrie » et les campagnes suivantes sans date : « Espagne, Russie, Algérie, Crimée, Extrême-Orient ».

Le choix de cette légende a été arrêté par deux décisions ministérielles datées des 5 et 1 6 août 1879. Sur la soie aux quatre angles figurent des couronnes de chêne et de laurier en or, complétées par une frange à torsades d’argent doré de cinq centimètres qui garnit les bords libres.

La hampe bleue porte un fer de lance en bronze doré passant dans une couronne de laurier ciselée et surmontant un cartouche et un bracelet dans lequel est nouée la cravate formée d’une bande de soie tricolore frangée d’or.

On peut remarquer que les anciennes inscriptions « Pologne 1807 » et « Rome 1849 » ont disparu ce qui pour la première du moins constitue un précédent fâcheux.

En effet les 1er, 2e et 5e Bataillons des Equipages Militaires ont combattu durement pendant la campagne de Pologne notamment le dernier de ces bataillons, engagé à Friedland le 1 4 juin 1 807 aux côtés du 1 er Régiment d’ Artillerie dans le corps de Bernadotte. L’action de ces bataillons va ainsi tomber dans l’oubli et désormais les emblèmes du Train feront abstraction de cette campagne où l’Arme a recueilli ses premiers titres de gloire.

Si l’on s’en rapporte à un article paru dans « l’Avenir Militaire » du mardi 1 1 août 1 885, cet étendard sort pour la première fois dans une cérémonie militaire le 7 août 1 885 à l’Ecole Militaire à l’occasion de la remise de la Légion d’Honneur à deux officiers du 1 9e Escadron. L’article conclut en rappelant que ce corps (19e Escadron) « possède depuis quelques temps seulement l’étendard du Train qu’il doit à son excellent colonel, Monsieur Parizot, qui depuis longtemps déjà le réclamait pour l’arme avec une persévérance heureusement couronnée de succès ».

Le 4 mai 1897 dans une note transmise à la Section Historique de l’Armée et suite à une demande du ministre datant du 27 janvier précédent, la Direction de l’Artillerie et des Equipages Militaires propose d’ajouter l’inscription « Madagascar » sur l’étendard des escadrons du Train des Equipages Militaires.

Le 28 avril 1898, soit un an plus tard, le ministre décide de porter l’inscription « Madagascar » sur les drapeaux et étendards de dix corps ayant participé à la campagne de 1895. Parmi ces emblèmes figure l’étendard des escadrons du Train des Equipages Militaires.

Par contre le 3 janvier 1904 le ministre ne donne pas de suite à la demande faite par le chef de corps du 19e Escadron pour obtenir l’inscription « Chine »,. considérant qu’il n’y a pas lieu de faire figurer cette inscription sur l’étendard, « les titres de guerre acquis par le Train des Equipages au cours de cette expédition ne pouvant être comparés à ceux qui ont justifié l’inscription des noms Extrême-Orient et Madagascar sur l’emblème ».

L’étendard participera le 1 4 juillet 1919 au défilé des troupes aux fêtes de la Victoire avec le lieutenant-colonel Martin du 1 9e Escadron. Venant après les étendards de l’Artillerie il passera sous la voûte de l’Arc de Triomphe à 10 heures 53 (18).

En juillet 1921, à la suite d’une demande du chef d’escadron Louis Astouin directeur du Train des Equipages à l’Armée du Rhin, l’étendard va être envoyé au 30e Escadron du Train à Mayence pour participer à la revue de la fête nationale.

Arrivé le 12 en Allemagne, il sera présenté aux troupes de l’Armée du Rhin le 1 4 juillet au début de la revue sur la Halleplatz de Mayence par le général Dégoutté Commandant en chef les armées alliées sur le Rhin.

Ce dernier rappellera que « c’est dans cette ville de Mayence en mai 1812 que la première aigle du Train des Equipages Militaires a été présentée au dépôt des dix-sept bataillons de la Grande Armée qui allaient prendre part à la campagne de Russie ».

Pendant le défilé l’étendard et les unités des 30e, 32e et 33e Escadrons du Train hippomobile seront en tête des troupes. Le 16 juillet à Kaiserslautern, c’est au 121e Escadron du Train automobile que l’étendard sera présenté.

On peut noter ensuite entre autres cérémonies la participation de l’emblème, confié pour la circonstance au 5e Escadron du Train, aux fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans les 7 et 8 mai 1922 puis sa présence à l’inauguration du monument aux morts de l’Artillerie et du Train des Equipages Militaires de la Grande Guerre à Fontainebleau le 8 juillet 1925 qui a lieu sous la présidence de Monsieur Gaston Doumergue, Président de la République.

Les circulaires ministérielles des 27 août et 16 décembre 1920 ayant permis de porter à huit le total des inscriptions de batailles et campagnes figurant sur chaque emblème et de formuler des propositions à ce sujet, le chef d’escadron Piotelat Commandant le 1 9e Escadron qui a la garde de l’étendard propose le 24 février 1921 avec l’approbation du général Gouverneur Militaire de Paris d’ajouter

(1 8) D’après la relation de la cérémonie rapportée par le lieutenant-colonel Astouin dans son livre «Aigles, étendards et campagnes du Train des Equipages Militaires de 1 807 à 1926 ».

« Maroc » et « Campagne 1914-1918 ». Cette demande aboutira après avis de la Direction de T Artillerie en novembre 1923 à une décision ministérielle datée du 16 septembre 1924 accordant à l’étendard du Train des Equipages Militaires les deux inscriptions nouvelles « Maroc 1908-1914 » et « Grande Guerre 1914-1918 ». Notons au passage que la notion de date est cette fois ajoutée à celle de la campagne.

Compte-tenu de la disposition des six inscriptions précédentes, l’inscription « Maroc 1908-1914 » sera, faute de place, brodée sur la bande blanche au-dessus de l’inscription « Espagne », solution peu rationnelle mais sans doute imposée par le souci de conserver la soie origine de l’emblème.

L’article 1er de la loi du 28 mars 1928 ayant substitué à l’ancien vocable « Train des Equipages Militaires » celui de « Train » l’étendard est reversé au Service Historique, déposé à l’Hôtel des Invalides le 15 décembre 1931 et il prend place dans la « Salle des drapeaux » du Musée de l’Armée (19).

Le nouvel emblème est remis à la garde du 1 9e Escadron du Train vraisemblablement au début de 1930.

Ce septième étendard, premier à ne plus porter l’inscription « Train des Equipages » possède brodés sur l’avers les mots « République Française » et « Train ». Il porte sur la bande blanche de son revers et de haut en bas huit noms de campagnes mentionnées avec leurs dates: « Espagne 1808 », « Russie 1812 », « Algérie 1830-1871 », « Crimée 1854-1855 », « Extrême-Orient 1884-1885 », « Madagascar 1895 », « Maroc 1908-1914 », « Grande Guerre 1914-1918 ».

Quelques mois après sa mise en service l’emblème va recevoir la plus illustre des décorations. Par décret en date du 3 juillet 1930 publié au Journal Officiel du 6, le Président de la République Gaston Doumergue, sur proposition du ministre de la Guerre André Maginot, confère la croix de chevalier de la Légion d’Honneur à l’étendard du Train. Cette récompense, accordée à l’occasion de la commémoration du centenaire de la conquête de l’Algérie, marque d’une manière éclatante l’action de l’Arme sur les différents théâtres d’opérations depuis cent vingt-trois ans. Le 14 juillet 1930, face au Grand Palais sur l’avenue Alexandre III, le Président Doumergue attache la croix à l’étendard qui lui est présenté par le lieutenant-colonel Stehlé Commandant du 1 9e Escadron du Train.

(19) L’emblème est encore actuellement au Musée de l’Armée ; il participera à diverses cérémonies et notamment en octobre 1946 à 1 exposition de la France d Outre-Mer.

Confié en septembre 1939 dès le début des hostilités au dépôt de guerre du Train n° 1 9 au quartier Fontenoy à Paris, l’étendard sera heureusement préservé durant les dures années d’épreuves que va traverser le pays entre 1 940 et 1 944 (20).

Il quitte Paris détaché de sa hampe au cours de la nuit du 1 2 au 13 juin 1 940 alors que les avant-gardes ennemies ont déjà débordé la capitale. Après une halte à la mairie de Thignonville, dans le Loiret, il est acheminé à Samadet dans les Landes. Le 13 juillet 1940, l’étendard est remis au colonel commandant le Train de la 18e Région à Pau, les honneurs lui étant rendus à la caserne Bernadotte en présence du général Altmayer. Il va alors être confié à la garde de la 12e Compagnie divisionnaire du Train stationnée en zone libre à Limoges.

En novembre 1942 afin de le soustraire aux Allemands qui envahissent cette zone il est dissimulé roulé dans un tissu au fond du grenier d’une ferme du Limousin. Solennellement récupéré par la compagnie de Limoges à la Libération, il regagne Paris le 7 décembre 1944. Remis au Service Historique de l’Armée il est déposé provisoirement au Musée des Invalides. Le lundi de Pâques 2 avril 1945 au cours des cérémonies qui préludent à la victoire sur la place de la Concorde, le général de Gaulle remet cent quarante drapeaux et étendards aux colonels des régiments qui viennent d’être reconstitués. C’est le colonel Vergnes qui recevra l’étendard du Train des mains du Président du Gouvernement Provisoire de la République.

La remise des emblèmes est suivie d’un défilé où les drapeaux et étendards figurent en tête des troupes. Placé entre le drapeau du 8 e Régiment du Génie remis aux Transmissions et celui du 1 04e Régiment du Génie, l’étendard du Train de même que tous les autres emblèmes est salué par une foule immense massée du pont de la Concorde à la République. Pendant le défilé des troupes, la musique du Train de la 1 re Armée accompagnée de détachements de l’Arme vient en sixième position entre la 1 0e Division d’infanterie et les régiments de tirailleurs algériens de la 1 re Armée.

Le ministre ayant décidé par une circulaire de mars 1945 que toutes les unités de l’armée française emporteraient leurs drapeaux et étendards en campagne, l’emblème de l’Arme est présenté en Alsace aux unités du Train de la 1 re Armée et conservé en garde par elles.

Il demeure ensuite en Allemagne avec le Train des troupes d’occupation jusqu’en juillet 1946. Le ministre demande alors au général Commandant Supérieur des Troupes françaises d’occupation en Allemagne de le transmettre au colonel Commandant le 1 er Escadron du Train à Paris {2\)« afin de permettre de donner aux manifestations du cérémonial militaire le caractère particulier qu elles doivent revêtir à Paris ».

(20) A notre connaissance, aucun des quatre cent dix drapeaux de l’armée française en 1 940 ne tombera dans les mains de l’ennemi.

(21) Le 1 9e Escadron du Train de Paris est devenu 1 er Escadron du Train par changement d’appellation à la suite de la réorganisation territoriale datant du 1er avril 1946.

L’étendard va être remis en état à trois reprises, d’abord en novembre 1948 avec la réparation du fourreau, puis en septembre 1949 avec la réalisation de nouvelles soies pour la cravate et la partie flottante, la réfection des broderies et de la peinture (22), enfin en novembre 1955 avec le remplacement du fourreau et des franges de soie. Entre temps le 1er mars 1949 l’étendard a reçu sa neuvième inscription « Guerre 1939-1945 » brodée au centre de la bande rouge du revers.

Pour la première fois, l’emblème va quitter l’Europe en 1952. Le général Salan Commandant en Chef des forces terrestres, navales et aériennes en Indochine demande le 1 1 mars 1952 aux ministres de la Défense Nationale et des Relations avec les Etats associés la présence de l’étendard du Train « justifiée par le nombre des formations du Train en Indochine et surtout par les services appréciables rendus par cette Arme ».
Le 22 août 1952, l’emblème embarque à Marseille à destination de l’Extrême-Orient où lui sont présentées sur tous les territoires les unités du Train du Corps expéditionnaire. Sa soie est trempée dans le Fleuve Rouge à Hanoi. Il quitte Saigon à bord de la « Marseillaise » le 6 octobre 1 952 et rejoint Marseille le 23 octobre. Il se rendra ensuite en Afrique du Nord à deux reprises en mars et septembre 1953, séjournant la première fois en Algérie, au Maroc puis en Tunisie et participant la seconde fois à la cérémonie des adieux en Tunisie.

Un étendard neuf est mis en fabrication en 1957 et confié le 28 mai 1957 au 1er Régiment du Train de Paris (23) tandis que les soies de l’emblème précédent sont déposées au Musée de Tours en septembre 1957. Ce huitième étendard qui comporte au revers une dixième inscription « Indochine 1945-1954 » brodée sur la bande bleue, présente une singularité. L’inscription « Train » de l’avers y est remplacée par « Escadrons du Train » à l’image sans doute de l’inscription « Bataillons de Chasseurs ».
Mais cette particularité ne correspond plus à la situation de l’Arme qui compte alors un régiment, quarante-quatre groupes, douze centres d’instruction, quatre-vingt-dix-neuf compagnies autonomes et seulement quatre escadrons. Ainsi le ministre va-t-il décider le 2 septembre 1957 de faire modifier cette appellation. Une lettre du Service Historique rappelle à la Maison Arthus Bertrand chargée du travail que « cette transformation devant être aussi discrète que possible il est demandé de ne pas faire usage de peinture de camouflage qui risque de s ’écailler très vite ».
La modification sera effectuée sur la soie neuve dès la fin du mois de septembre 1957.

L’année 1957 est marquée par le cent cinquantième anniversaire de la création de l’Arme. Le 8 juin 1957, en reconnaissance des services rendus par toutes les formations du Train dans les campagnes outre- mer, le ministre de la Défense Nationale par décision n° 35 et sur proposition du Secrétaire d’Etat des Forces Armées « Terre » cite l’étendard à l’ordre de l’Armée lui attribuant la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec palme.
L’emblème présenté par le général Chapelle Commandant Supérieur du Train est décoré au Camp de Montlhéry le 30 août 1957 par Monsieur Métayer Secrétaire d’Etat, au cours d’une prise d’armes et en présence du général d’Armée Blanc, Inspecteur Général des Forces armées « Terre ».

Son dernier voyage hors d’Europe va l’amener sur la terre d’Afrique où se sont déjà illustrés tant d’anciens et où combattent encore les formations de transport, de circulation, de ravitaillement par air et les bataillons de marche du Train. Au cours d’un long périple effectué en 1961 il est présenté aux unités de l’Arme à Alger au 27e Escadron du Train, à Oran au 28e Escadron puis à Constantine au 25e Escadron et enfin à Colomb-Béchar au 5 1 5e Groupe de Transport.

Vieux de quinze années, l’étendard va être remplacé en 1972 mais ses soies seront sur demande de l’Inspection du Train et après accord du ministre remises au musée de l’Arme à Tours en mars 1972.

Aujourd’hui le Train possède donc son neuvième emblème. Confié à la garde du 1 er Régiment du Train et rayonnant de Paris à travers toutes les garnisons de métropole et d’outre-Rhin, il reste dans son unicité l’honneur de l’Arme et le symbole de son passé glorieux.

(22) Il en coûte 1 8.980 francs pour effectuer cette remise en état, qui aux yeux du Service Historique équivaut à un changement d’emblème ; le nouvel étendard remis à neuf a été transmis au 1er Escadron du Train le 3 octobre 1949.

(23) Le 1er Escadron du Train est devenu par changement d’appellation le 1er Régiment du Train le 1er juin 1955.

Le président de Gaulle se recueille devant l’étendard du Train à Arras. (Coll.part.).

L’étendard du Train est présenté aux troupes du C.I.T. en Extrême-Orient. (Coll. part.).

L’étendard dans la cour d’honneur des Invalides le 26 mars 1974. (E.C.P. Armées).

Le président de Gaulle se recueille devant l’étendard du Train à Arras. (Coll. part.)
Le président de Gaulle se recueille devant l’étendard du Train à Arras. (Coll. part.)
L’étendard du Train est présenté aux troupes du C.I.T. en Extrême-Orient. (Coll. part.)
L’étendard du Train est présenté aux troupes du C.I.T. en Extrême-Orient. (Coll. part.)
L’étendard dans la cour d’honneur des Invalides le 26 mars 1974. (E.C.P. Armées)
L’étendard dans la cour d’honneur des Invalides le 26 mars 1974. (E.C.P. Armées)

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