Philippe Bouvard, un « tringlot » pas comme les autres.

Né le 6 décembre 1929 à Coulommiers (Seine-et-Marne) et nous a quitté aujourd’hui le 24/08/2026 à Cannes, à l’âge de 96 ans.

Le service militaire de Philippe Bouvard en Allemagne occupe une place particulière dans ses souvenirs.

Loin de considérer cette période comme une simple obligation militaire, le journaliste expliquera plus tard qu’elle fut « la période la plus heureuse de ma vie », notamment parce qu’elle fut, selon lui, la seule durant laquelle il n’eut aucun souci.

Affecté dans le Train à Kaiserslautern en Allemagne d’après nos recherches il aurait alors servi au GROUPE DE TRANSPORT 385.

Il découvre alors la vie de caserne et les contraintes du soldat de base.

Mais Bouvard ne tarde pas à chercher un moyen d’échapper aux corvées et surtout à mettre à profit ce qu’il considère déjà comme sa vocation : l’écriture et le journalisme.Lors d’un interrogatoire, il avait affirmé être journaliste professionnel.

Il prend alors l’initiative de proposer au commandant du GT de créer un magazine destiné aux militaires français stationnés en Allemagne.« Kleber Digest », le journal du régiment. Le quartier du 385 étant la caserne Kléber.

Son idée séduit sa hiérarchie. Le projet, baptisé Kleber Digest, est transmis au général commandant les troupes françaises d’occupation à Baden-Baden.

Quelques jours plus tard, Bouvard dispose d’un local et du matériel nécessaires à la réalisation de la publication.

En moins de trois semaines, il réalise seul le premier numéro, dont il assure entièrement la rédaction.

Le journal mêle les informations sur les activités militaires, les loisirs et la vie locale, mais comporte également des propositions destinées à améliorer la condition des soldats.

Bouvard emploie alors le terme de « tringlot », le surnom traditionnel donné aux militaires du Train.

Cette expérience montre déjà son goût pour l’information, la rédaction et la mise en forme d’un journal.

Une expérience qui va changer son statutLa réussite de Kleber Digest transforme rapidement la situation du jeune appelé.

Le général le nomme exceptionnellement maréchal des logis, tandis qu’il bénéficie de conditions beaucoup plus favorables : chambre en ville, Jeep et responsabilités supplémentaires.

Cette aventure militaire constitue ainsi une véritable première expérience journalistique.

Bouvard ne se contente plus d’être un simple appelé : il devient le rédacteur d’une publication destinée aux militaires français d’Allemagne.

Avec le recul, son passage dans le Train apparaît donc comme une étape importante dans la construction de sa vocation. Le jeune « tringlot » avait trouvé dans l’armée un terrain inattendu pour exercer ses talents de journaliste.

Et le nom de cette publication mérite d’être retenu : Kleber Digest, le magazine que Philippe Bouvard créa pendant son service militaire en Allemagne et dont il réalisa lui-même le premier numéro.

ANECDOTES :

Plusieurs anecdotes assez savoureuses sur son service militaire, et certaines sont directement racontées par Bouvard lui-même.
Il avait inscrit « journaliste » comme profession sur sa fiche d’incorporation, alors que son parcours journalistique était encore très fragile.

Le Monde rapporte cette anecdote dans sa biographie publiée à l’occasion de son décès.

Il voulait échapper aux corvées : dans ses souvenirs, Bouvard raconte avec humour qu’il échangeait avec ses camarades des services de rédaction de lettres d’amour contre des tâches matérielles comme le cirage de ses chaussures ou la préparation de son paquetage.

Son idée géniale : créer un journal du régiment. Il propose au commandant du Groupe de transport de créer un magazine, Kléber Digest. Le projet remonte jusqu’au commandement des troupes françaises d’Occupation à Baden-Baden et est accepté.

Il devient rédacteur en chef en seulement deux semaines. C’est assez extraordinaire : le jeune appelé transforme ainsi son service militaire en véritable expérience professionnelle de journaliste. Le journal porte le nom de sa caserne.

Il bénéficie ensuite d’une grande liberté.

Une source rapporte que la création du journal lui aurait notamment valu une Jeep pour ses déplacements et une grande liberté de mouvement.

Il a réellement aimé son service.

Dans une interview à RTL en 2015, Bouvard déclarait avoir servi 15 mois et disait en être fier.

Il expliquait avoir appris à vivre avec des jeunes venus de tous les horizons, qu’il n’aurait probablement jamais rencontrés autrement.

Et le plus étonnant : il envisageait de rempiler. Après quinze mois de service, son expérience avait été tellement positive qu’il se serait demandé s’il ne devait pas poursuivre dans l’armée.

Allez en Paix Mr Bouvard , et que l’Empereur guide vos pas.

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